Espaces verts : écologie ou laisser-aller ? 31 août
Il y a un an, quand j’ai vu grandir des herbes hautes ici ou là, sur des ronds-points, des bas-côtés ou de plus vastes espaces verts municipaux, par décision de la nouvelle municipalité, je me suis interrogé, puis je me suis retenu. Oui, retenu de prendre position, partagé que j’étais entre le sentiment de non-entretien et de laisser-aller donné par un tel choix, et l’argument explicatif en faveur du respect des équilibres naturels dans l’objectif de reconstituer l’écosystème en milieu citadin.
Depuis plusieurs années, je suis devenu sensible aux discours sur le développement durable (j’avais fait adopter par la Mairie un Agenda 21), et l’idée de mettre un peu de campagne dans la ville ne pouvait que séduire le petit-fils d’agriculteur que je suis. Avec 12 mois de recul, et en ayant recueilli de nombreux témoignages vécus par des Toulousains, et aussi par des jardiniers, le bilan de cette mesure, à première vue séduisante, me parait chargé de nombreux inconvénients.
Un ami de Toulouse-Avenir, qui a enseigné l’écologie pendant plus de 30 ans au lycée agricole, m’a fait connaître des arguments scientifiques très convaincants, après les avoir exposés sans suite auprès de la municipalité. Je vais donc vous en parler…
Sans être scientifique, ce qui choque, à première vue, ce sont ces herbes hautes en bordure des voies de circulation, quand elles retiennent papiers et poches en plastique ; cela ne va pas dans le sens de la propreté de la ville, où il y aurait, d’ailleurs, beaucoup à dire… Ces herbes hautes recèlent aussi de risques d’incendie, comme cela s’est produit au Mirail il y a quelques semaines.
Mais, du point de vue scientifique, le plus dommageable vient des conséquences de l’augmentation du potentiel semencier des herbes indésirables lorsqu’elles ne sont plus coupées. Alors qu’une forte proportion de la population souffre d’allergies ou d’asthme, cette gestion des espaces verts leur interdit, de fait, la promenade dans ces lieux d’ordinaire si agréables : en effet, lors de la floraison, la « montée à graines » des graminées favorise la concentration du pollen dans l’air.
Quant aux chiens, ils sont confrontés au développement d’une graminée communément nommée « l’orge des rats », laquelle est pourvue d’épis barbus avec des épillets dangereux, espèces de poils microscopiques et durs, qui se fixent sur les paupières, dans les oreilles ou les narines, et qu’on ne peut ôter qu’avec une opération. Certes, le fait de tout laisser pousser favorise l’épanouissement naturel de l’écosystème, mais, en prenant ce qu’il peut y avoir de bon dans cette sympathique approche, on doit prendre aussi ce qu’il y a de négatif.
Ainsi, on favorise le développement des insectes, de tous, en particulier de ceux dont se nourrissent les oiseaux : dans cette catégorie, il y a les tiques, porteuses de maladies transmissibles à l’homme (la lyme ou borréliose) ou aux animaux domestiques (la piroplasmose).
Finalement, on arrive à l’inverse du but recherché, qui est de rapprocher l’homme de la nature en la laissant se développer près de chez lui : beaucoup de nos concitoyens ne fréquentent plus les grands espaces verts que nous avions développés en ville pour eux et pour leur agrément, tandis que des groupes d’élèves encadrés par leurs professeurs ont renoncé à venir repérer ces espaces aux fins d’observation scientifique ou d’activités pédagogiques. Pour ne pas être totalement négatif, sans doute est-il plus sage de rechercher un compromis plus réaliste, et de confiner dans des lieux peu ou pas fréquentés du public, ces espaces où, en ville, la nature serait laissée plus libre ; mais certainement cela est-il plus facile à écrire qu’à faire…
Jean-Luc MOUDENC
Maire de Toulouse de 2004 à 2008






LEGER Chantal 6 septembre
On parle beaucoup de santé publique et d’épidémies. Il faut se poser la question sur les effets nocifs que nous amènent les herbes sèches laissées en jachère au bord de la rocade. Je pense aux insuffisants respiratoires surtout.
Les animaux : J’ai dû dépenser plus de cent euros pour faire opérer mon chien afin lui extraire des épis du nez…et je n’ose plus l’amener dans une zone où pullulent ces herbes, rats, crottes (tout le monde n’a pas sa poche qui est pourtant distribuée dans les mairies de quartier, initiative de l’ancienne municipalité - et ordures que laissent ou amènent certains “citoyens” peu civiques car la saleté génère la saleté. Le seul langage compréhensible par certaines personnes est l’amende. A quand ??
celine 5 septembre
Suite à un mail expédié à la municipalité afin de savoir pourquoi tant de négligence, j’ai reçu une réponse tentant de me faire croire que c’était une histoire d’écologie, d’écosystème …. de sensibilisation au respect de l’environnement ! Valable uniquement dans les quartiers. Si en centre ville la négligence s’est faite sentir sur de les beaux espaces paysagés de notre ville, sur le quartier du Mirail on se serait cru dans le générique de la petite maison dans la prairie. La maison est un peu haute pour y croire vraiment mais avec un petit effort d’abstraction, on y était !
La campagne et la ville s’oppose, si Monsieur Cohen veut jardiner, il devrait songer à se présenter sur une Mairie de campagne. Quoi que je souhaite à personne un tel jardinier.
Quel manque de respect à la nature !
Un coin de verdure en ville n’a pas la même fonction qu’en ville.
Imposer à nos coccinelles et nos abeilles de trouver leur place sur les ronds points gazés par la circulation est un acte criminel !
Petit plus : écologie ne veut pas dire exposition de papiers, et autres déchets.
Eric S 4 septembre
Moi ce que je préfère à Toulouse …ce sont les ronds points! est ce une nouvelle tendance écolo-bobo? j’avoue ne pas comprendre … celui en face de l’école de mes enfants en est unn exemple flagrant…d’un coté des touffes de mauvai…ses herbes , de l’autre des végétaux non identifiés couleur paille…je passe sur les rosiers en bordure de rues … y a t il des jardiniers en ville? vite , il y à urgence !!!Lire la suite
Jean-Luc Moudenc 3 septembre
Bien sûr, il faut un civisme des citoyens pour avoir une ville propre, mais encore faut-il que la Mairie(ou la CU maintenant)donne le sentiment de se mobiliser et interpelle les gens.
Je me souviens avoir fait une forte campagne de communication contre les crottes de chiens, avec beaucoup de moyens, dont un petit film projeté dans les salles de cinéma.
Le citoyen doit se sentir responsablisé, interpellé , voire mis en cause, pour changer de comportement
Valerie G 3 septembre
Au risque de me répéter… une ville propre ne dépend pas que d’une municipalité… mais aussi des concitoyens qui pensent que des personnes sont là spécialement pour nettoyer derrière-eux… Si les gens commençaient par être respectueux du domaine public, peut-être que cela irait déjà un peu mieux…
Anne C 3 septembre
Je suis d’accord avec Val… Lire la suiteérie, mais comment éduquer les gens à être plus respectueux du domaine public? les campagnes de communication sur la propreté n’agissent pas dans l’esprit des gens. Que faire pour qu’ils comprennent? verbaliser les propriétaires de chiens qui laissent des paquets derrière eux, les gens qui crachent ou qui urinent contre les murs, ceux qui “laissent tomber” volontairement leur déchet?
Dans ce contexte, et à défaut d’éducation, il faut bien que la municipalité nettoie derrière eux…
Valerie G 3 septembre
Fréd31, pour Info, la Propreté de la Ville n’est plus du ressort de la Ville mais de la Communauté Urbaine du Grand Toulouse depuis le 1er Janvier dernier… 2 500 personnes transférées qui, à ce jour, n’ont toujours pas une vision très nette de leur devenir et de leur mission… Alors, peut-être faudrait-il s’adresser aux bonnes personnes… à savoir Mr. Cohen, Maire de Toulouse et Président de la Communauté Urbaine…?
Valerie G 3 septembre
Autre chose, c’est facile de dire je paye des imp… Lire la suiteôts alors j’ai droit à… pour l’avoir moi-même déjà vu, un balayeur arrive au bout de la rue qu’il avait à faire, que déjà le début de la rue est jonché de papiers divers et de crottes de chiens… Je reste persuadée que si les gens commençaient par respecter le travail des balayeurs, les choses seraient déjà en meilleure voie… Croyez-vous que c’est plaisant pour ces gars de se lever à à 4h, pour aller balayer les rues à 5h… et déjà constater à 8 ou 9h que c’est comme s’ils n’avaient rien fait…??
Valerie G 3 septembre
Je ne fais retomber la faute sur personne… je constate que les gens font dans la rue ce qu’ils ne feraient pas chez eux…! Et bien puisque vous payez des impôts pour que la CU s’organise et que vous semblez en être fier… tant mieux… car vous allez en payer encore plus grâce aux mauvais calcul de Monsieur le Président de la CU…!!!
Fred 31 3 septembre
Si ceux qui les ont élus à la t… Lire la suiteête de la mairie, et de la CU, n’assument pas leurs incompétences, et ne revendiquent pas que notre ville est belle est bien abandonnée. Alors nous contunuerons à tourner en rond, disant avec une franche simplicité que le manque de civisme justifie à elle seule les herbes folles de notre ville, les rues sales et non entretenues… Que ses pauvres agents de la nouvelle CU n’y sont strictement pour rien… Lisez bien tout les arguments, car il n’y a pas de fierté à payer des personnnes qui ne font en rien leur boulot… Il n’y a aucune fierté à indemniser des élus et responsables politiques qui rejettent la faute sur les seuls citoyens…
Notre ville est bien mal administré depuis 16 mois… Alors dire une vérité, n’est pas une fierté, mais bien un acte citoyen. Vous feriez bien d’en faire autant…