A quelques mois des élections régionales, une vaste entreprise politicienne, ultra médiatisée, a été lancée pour affoler les Français, déjà inquiets à cause de la crise économique, et leur faire croire que la Poste allait être privatisée ! Bien sûr, ce mauvais coup viendrait de l’actuel gouvernement « ultra-libéral ». Nous avons vu se multiplier manifestations, pétitions et référendums organisés avec des urnes sur la voie publique….
En vérité, il s’agit de mettre en application une directive européenne, qui a été préparée depuis longtemps, pour réaliser un marché unique des services postaux et garantir un service postal universel de qualité, dans l’intérêt des citoyens et des entreprises. Certes, il y aura ouverture progressive à la concurrence dans les 27 pays européens et cette concurrence va jouer dans les deux sens. Mais la Poste va continuer à exercer intégralement en France ses missions de service public de distribution du courrier, de contribution à l’aménagement du territoire (avec la conservation de ses 17 000 points de poste dans nos quartiers de ville et dans nos villages), de transport et de distribution de la presse et d’accessibilité bancaire.
Et contrairement au discours d’affolement savamment orchestré, la Poste ne sera pas privatisée et va rester 100% publique. Elle va même se moderniser, à la faveur de son changement de statut en société anonyme, et cela va se traduire par un important investissement que va consentir l’Etat (et non des partenaires privés), à hauteur de 2,7 milliards d’euros !
Cet investissement va muscler la Poste, va lui permettre de faire face avec confiance à la concurrence annoncée, c’est un gage très positif pour l’avenir, que la puissance publique n’envisagerait jamais si elle était dans une logique d’abandon ou de privatisation. L’avenir de la Poste se dessine donc, avec davantage de modernité et de performance, des atouts nouveaux pour qu’elle franchisse les frontières de l’Hexagone, et qu’elle aille conquérir sa part dans le marché européen. A ceux qui s’attachent aux considérations politiques, un petit rappel : c’est le gouvernement de la gauche plurielle de Lionel Jospin qui, en 1997, a engagé ce processus au niveau européen, avec le feu vert alors donné par le Premier ministre de la France à un texte qui actait, je cite, « la libéralisation des services postaux ».
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