Après 20 ans d’Allemagne réunifiée 9 novembre
On fête aujourd’hui les 20 ans de la chute du mur de Berlin, le 9 novembre 1989. J’en conserve un petit fragment de béton, qui tient dans la main, peint de toutes les couleurs, vestige des tags qui le recouvraient côté ouest ; c’est Philippe Douste-Blazy, alors Député européen, qui me l’avait ramené d’un séjour qu’il avait fait là-bas, peu après la fin du mur. Cette commémoration est aussi et surtout l’anniversaire de la réunification allemande, et on réalise mal, aujourd’hui l’ampleur que cet évènement national avait revêtu à l’époque, au-delà de l’effondrement du communisme en Europe de l’Est et du triomphe de l’idéal de la liberté.
Homme d’Etat plus romanesque que doté du sens de l’Histoire, l’éminemment cultivé François Mitterrand, alors Président de la République, ne l’avait pas vu venir, et, au fond, craignait la reconstitution de la « Grande Allemagne » au cœur du Vieux-Continent. Il exprimait là le sentiment diffus de toute une génération qui avait vécu la Seconde Guerre mondiale, après avoir été élevé dans le souvenir douloureux de 1870 et de la guerre de 14-18. Pourtant, sa conviction européenne était tout à la fois forte, sincère et ancienne, trempée dans l’amitié franco-allemande qui s’était épanouie depuis un demi-siècle, et vécue au quotidien, à travers sa relation privilégiée et personnelle avec le chancelier chrétien-démocrate Helmut Kohl.














