FINANCES PUBLIQUES : COMMENT LES COLLECTIVITES LOCALES NE PARTICIPERAIENT-ELLES PAS A L’EFFORT NATIONAL ?

FINANCES PUBLIQUES : COMMENT LES COLLECTIVITES LOCALES NE PARTICIPERAIENT-ELLES PAS A L’EFFORT NATIONAL ? dans Economie - Commerce avoir-un-budget1-300x199

Au moment où, sous les projecteurs des médias, c’est à dire de l’opinion publique,  tous les pays européens, dont le nôtre bien entendu, opèrent de douloureuses remises en question pour assainir leurs finances publiques, les assemblées locales dirigées par le Parti socialiste crient au loup, dénonçant la légère baisse des dotations en provenance de l’Etat.

Ainsi, pour des raisons en fait politiciennes, on tente de faire passer l’idée illusoire que les collectivités locales seraient « un monde à part », comme dans une bulle détachée de tout environnement économique et social.

Avec la crise, tout le monde – Etats, ménages, entreprises – devrait se « serrer la ceinture » et accomplir des efforts de gestion, sauf les collectivités locales !

C’est oublier que, dans le calcul de la solvabilité publique et des fameuses « dettes souveraines », ces mêmes collectivités pèsent pour 10 % de la dette publique de la France et représentent 20 % de la dépense publique.

L’effort qui leur est demandé dans la conjoncture actuelle est pourtant d’un ordre de grandeur bien plus modeste.

Dans le plan d’équilibre présenté au début de cet hiver par François Fillon, d’une ampleur totale de 7 milliards d’euros, la contribution des collectivités a été fixée à 200 millions. Certes, cela fait 200 millions de moins pour les collectivités, mais cela ne représente que 2,8 % du total.

Quelle en est l’incidence ici, à Toulouse ?

Figurez-vous que les maitres du Capitole crient au scandale dans les différents documents budgétaires parce que les dotations et compensations de l’Etat passent de 117, 2 millions à 114, 8, soit un recul qui représente moins de… 0, 3 % du budget total de la Ville, lequel s’élève à 725 millions !

Au Grand Toulouse, de 2011 à 2012, le « manque à gagner » venant de l’Etat s’élève à 3 millions d’euros, ce qui représente également 0,3 % du budget total de la Communauté urbaine, lequel se monte à 960 millions.

Jean-Luc MOUDENC
Maire de Toulouse de 2004 à 2008
Président du Groupe d’Opposition municipale « Toulouse pour Tous »

 



3 commentaires

  1. buffepoudre 24 février

    Bonjour,
    L’effort demandé dans la conjoncture, nécessairement actuelle, met en évidence le besoin pour les collectivités locales comme pour l’état et les ménages de se serrer la ceinture.
    Cela peut être le prétexte à l’augmentation des impôts locaux.
    Cette probable mesure à venir montre à quel point, il a manqué une réforme fiscale qui aurait mieux associer la valeur des cotisations à celle des revenus des propriétaires ou locataires.
    Pendant ce temps, nous avons eu droit à une réforme des retraites dont on mesure mal à quel point elle est funeste pour le rétablissement ou le maintien de la vieille industrie en France.
    Bonne journée.

  2. Patrice 27 février

    Les vieilles industries, ainsi que les vieux retraités,n’ont pas vocation à vivre éternellement; chose qui paraitrait bien déraisonnable.

    Par ailleurs, les impôts locaux n’ont pas attendu une baisse de 0,3% de la dotation pour augmenter de plus de 4%.

  3. buffepoudre 28 février

    à Patrice,
    Connaissez-vous vraiment la vieille industrie?
    Il s’agit d’entreprises qui fabriquent depuis plus d’un siècle des produits nécessaires pour l’habillement, le bâtiment,……
    Ces entreprises disparaissent à vue d’oeil au profit d’entreprises allemandes, italiennes, espagnoles, scandinaves,..dont le personnel est mieux payé qu’en France.
    Les produits ne sont pas révolutionnaires mais l’outil de travail doit être performant.
    L’origine de ce mal français vient des années 60, où le bas coût de la main d’oeuvre, souvent immigrée, ne rendait pas favorable l’acquisition de matériel évolué nécessitant du personnel hautement qualifié.
    L’expression « quand le bâtiment va, tout va » n’est plus adaptée. Si le gros oeuvre est fait par des constructeurs français, il n’empêche que l’équipement intérieur solidaire ou non des murs vient de l’étranger, ce qui provoque un fort déséquilibre de la balance commerciale.
    Les allemands construisent des voitures performantes en grand nombre mais aussi du carrelage et des appareils sanitaires pour les logements avec un taux d’exportation qui atteint 60%.
    Dans le bâtiment, la promotion de la rénovation serait une bonne chose. Plutôt que de vouloir construire un nouveau « Borderouge », il serait mieux de rénover les vieux logements dans le centre de certaines villes, notamment à Toulouse, Pamiers et Montauban.
    Il ne faut pas compter uniquement sur l’aéronautique, l’espace, la haute technologie pour garantir l’emploi dans l’agglomération toulousaine.
    Bonne journée.

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