L’INSAISISSABLE MONSIEUR HOLLANDE

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Les campagnes électorales, surtout pour l’élection présidentielle française, agissent comme de formidables révélateurs de personnalité.

Depuis des mois, surfant sur la vague continue de l’antisarkozysme primaire, le président du Conseil général de la Corrèze promène à la face du monde la mine réjouie de celui que tous les sondages donnent depuis longtemps comme largement favori.

Souriant et sympathique, pas avare de traits d’humour, il semble avoir tout pour plaire.

Les Français s’en tiendront-ils à cette image ? Signeront-ils un chèque en blanc pour prix de l’agréable impression que leur procure le personnage ? Peut-être …

Les Français veulent-ils être simplement présidés par quelqu’un d’un certain style, au fond classique, « normal » pourrait-on dire ?  Ou être gouvernés par un homme qui ne craint pas de dire la vérité, quitte à devenir impopulaire, capable de prendre des décisions courageuses mais répondant aux nécessités des temps difficiles que nous traversons ?

J’ai été frappé, ces dernières semaines, par deux exemples qui me font entrevoir l’inconsistance du candidat socialiste, son absence de conviction, son approximation permanente ou son cynisme politique, peut-être appris auprès de son mentor François Mitterrand.

Lors d’un grand meeting en janvier, il proclame solennellement : « mon adversaire, c’est le monde de la finance ! ».

Mais dix jours plus tard, dans des journaux anglais, il ne craint pas d’affirmer tranquillement : « La gauche a été au gouvernement pendant 15 ans au cours desquels nous avons libéralisé l’économie, ouvert les marchés à la finance et aux privatisations »

Autre exemple, il y a peu, il a fait sensation en proposant d’imposer à 75% les millionnaires.

Mais, il y a un an, il préconisait de ne jamais dépasser un taux d’imposition à 40 % !

En cliquant ici, retrouvez deux vidéos qui vous restituent cette contradiction de façon saisissante.

De telles variations, sur des sujets graves, semblent passer « comme lettre à la poste » dans l’opinion, ce qui tendrait à retenir l’hypothèse que notre peuple serait avant tout à la recherche d’une image présidentielle au lieu de se soucier de vrais choix de fond.

C’est inquiétant, mais je me dis que les Français ont encore quelques semaines pour se réveiller, prendre de la hauteur par rapport à l’enjeu véritable de cette élection – un choix de société et non le casting d’un concours de beauté – et faire prévaloir un vote de raison.

Jean-Luc MOUDENC
Maire de Toulouse de 2004 à 2008
Président du Groupe d’Opposition municipale « Toulouse pour Tous »



3 commentaires

  1. paladium 18 mars

    Mr MOUDENC on voit que les législatives approchent ; après des années de tergiversation , de retournement de vestes , d’hésitations idéologiques aujourd’hui le positionnement est enfin clair : comme N Sarkosy à droite toute et l’appartenance à l’UMP clairement affichée . On peut donc vous appliquer les memes reproches que ceux que vous faites à F hollande :approximation et cynisme .

  2. Jean-Luc Moudenc 18 mars

    Paladium, quelle pauvreté frappe votre commentaire en réaction à mon article !

    Cela en dit long sur le peu d’estime que portent les militants socialistes comme vous à leur candidat, effectivement pas à la hauteur de la fonction qu’il brigue.

    Que vous ne vous positionniez pas sur le fond de la question abordée est très révélateur !

    Quant à mon positionnement politique – sujet qui n’a rien à voir avec le projet qu’un candidat à la présidence porte pour un pays et un peuple – il a toujours été au centre-droit, et vous êtes bien le seul à le découvrir aujourd’hui.

    Sur le fond, je considère que, lorsqu’on est maire de Toulouse, on ne doit pas avoir une responsabilité partisane. C’est mon avis depuis longtemps et il n’a pas varié.

    Quant à ma situation depuis 2008, elle est différente. Je travaille avec de très nombreux amis et militants à la reconquête politique de la 4ème ville de France: cela ne peut se faire sans un parti important, uni et au travail, ce qui est ma ligne d’action depuis décembre 2010. Et puis, vous savez, même si les partis et les étiquettes peuvent changer, les convictions et l’idéal de valeurs demeurent.

  3. smosca 13 avril

    Tandis que Nicolas Sarkozy, qui est allé visiter le site de Fukushima, ou a assisté à la chute du Mur de Berlin, lui ne ment jamais !!!

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