CHUTE DE LA PROGRESSION DÉMOGRAPHIQUE : LA RAISON N’EST PAS SEULEMENT STATISTIQUE ! 9 août
La presse régionale s’est fait l’écho d’une chute dans la progression démographique de Toulouse entre 2006 et 2009.
Faut-il le rappeler, depuis la fin des années 1990, notre agglomération est la plus dynamique en matière, notamment, de progression de la population.
Or, d’après les chiffres officiels de l’INSEE, la population de Toulouse intramuros a crû de près de 7.000 habitants par an entre 1999 et 2006, alors que cette croissance aurait été limitée à un peu plus de 800 par année entre 2006 et 2009 !
La Municipalité actuelle explique cela par un simple changement du processus de comptage, le recensement général de la population périodique n’existant plus.
Mais l’explication ne tient pas : le dernier recensement général date de 1999, et non de 2006 ! Dès 2004, le comptage basé sur des sondages a été mis en place. Ce sont des agents municipaux qui recensent les habitants à des adresses tirées au sort par l’INSEE et censées représenter 8% de la population.
En réalité, avant l’alternance municipale de 2008, la Mairie de Toulouse disposait d’agents recenseurs spécialisés et formés pour tenir à jour un outil primordial, le Registre Informatisé des Logements.
La Majorité en place depuis 2008, quant à elle, a préféré faire faire ce travail par des agents intérimaires non formés et sans l’expérience de ce travail. La conséquence est que le compte a été mal fait, entraînant une large sous-estimation de la progression de la population ! Pour preuve, le nombre de constructions de nouveaux logements est stable, signe que la croissance démographique est sensiblement la même.
Au-delà de la simple méconnaissance de notre démographie réelle, cela nous fait courir le risque d’une conséquence très fâcheuse : la Dotation Globale de Fonctionnement, en particulier de la Communauté urbaine, risque bien d’être inférieure à celle à laquelle notre agglomération a droit, puisqu’elle dépend notamment de la progression de la population !
Jean-Luc MOUDENC
Député de la Haute-Garonne
Maire de Toulouse de 2004 à 2008









buffepoudre 9 août
Bonjour,
J’ai apprécié lire cet article car j’ai été bénévole au printemps 1997 pour faire le recensement, dans la commune où j’habitais, en passant dans la totalité des logements du quartier défini. Certains bénévoles étaient chargés de traiter l’ensemble des fiches, ils percevaient une rémunération qu’ils ont trouvée un peu faible devant la charge de travail d’une ampleur inattendue.
Au début des années 2000, cette méthode a été remplacée par l’utilisation de sondages.
Je n’avais pas compris la méthode.
Au printemps 2006, à Toulouse, j’ai reçu la visite de 2 agents recenseurs que, ma femme et moi, avons accueillis au mieux.
Je leur ai posé la question de savoir comment fonctionnait cette méthode par sondage.
Ils n’ont pas pu me donner une réponse.
Je suis donc resté avec mes interrogations, cela ne m’étonne pas que l’article de La Dépêche crée des remous.
Je ne comprends absolument pas comment le recensement dans un quartier récent comme Borderouge peut être précis en l’absence de visite dans la totalité des logements.
Bonne journée.
MARTINI 10 août
Un recensement est très délicat et demande de l’expérience ! surtout de la rigueur !
Bob 13 août
Bien vu
thierry resseguier 15 août
Cher Monsieur Moudenc,
Bien qu’effectivement je partage votre avis quant au fait qu’une telle chute des chiffres puisse s’expliquer en partie par un comptage mal maîtrisé, il n’en demeure pas moins qu’elle me semble le reflet de la réalité. En effet, les principaux moteurs de l’attractivité de notre ville étaient la croissance économique forte et la qualité de vie… Le deuxième, on sait ce qu’il en est devenu depuis quelques années (né à Toulouse, j’ai le regret de dire que je me sens aujourd’hui bien mieux quand je suis quelques semaines à Bordeaux ou à……Paris!!!) et quant au premier point qui pouvait faire oublier la disparition du deuxième là aussi ce n’est guère brillant: en dehors d’Airbus qui ponctuellement va bien, ce sont essentiellement des fermetures de sites et délocalisations des entreprises vers des cieux plus accueillants auxquels on assiste. Aussi en quelques années sommes nous passés, dans le classement des villes créant le plus d’emplois, de la deuxième à la seizième place!
Pour finir, vous citez le nombre de constructions de logements. En tant que professionnel de l’immobilier, je ne saurait que trop vous rappeler que les constructions de logement d’aujourd’hui sont les projets de construction d’il y a en moyenne 5 ans…. Et de plus 73% des logements vendus neufs à Toulouse le sont à des investisseurs. Deux indicateurs me semblent plus pertinents pour mesurer la demande de logement récente: le nombre de demandes de permis de construire (là c’est l’éffondrement hors logement social) et surtout le délai moyen de mise en location d’un logement neuf: là vous verriez que tous les indicateurs sont à l’orange vif suite à un fort repli de la demande.
Enfin je souhaiterais finir ce sujet par un point qui me semble essentiel, non pour les dotations de la CUGT mais pour l’avenir de notre belle ville. En effet, il fut un temps ou la population arrivant à Toulouse était majoritairement constituée de cadres avec un emploi ou de retraités plutot aisés. Je crois qu’aujourd’hui la qualité des nouveaux arrivés est bien différente….même pour les gestionnaires HLM dont j’en connais certains, qui voient arriver à leur guichets des bénéficiaires de dossiers « très sociaux » en quantité infiniment supérieure à ce qu’ils traitaient il y a 5 ans…